Giulio BONASONE (d'après), - Lot 218

Lot n° 218
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Estimation :
800 - 1000 EUR
Giulio BONASONE (d'après), - Lot 218
Giulio BONASONE (d'après), Le Jugement de Pâris avec Junon, Minerve, Vénus et Mercure Ecole de Fontainebleau, dernier quart du XVIe siecle Panneau de bois (noyer ?) décoré d'une scène mythologique sculptée en bas-relief, jadis monté en porte de cabinet ; châssis finement mouluré. Dimensions : 47,5 x 65 cm. (Petits éclats ; aux angles, trous de fixation de la taille de la tête d'une épingle ; ancien système de fermeture obstrué). Expert: Raphaële Skupien On note la finesse de la sculpture dans le rendu des détails (végétation, plumes du paon, chevelures) et le traitement du relief en plans successifs où les corps qui outrepassent légèrement le cadre accentuent l'effet de profondeur. Au premier plan, le paon identifie Junon figurée de profil sur la gauche. Derrière elle, appuyée contre le cadre, Minerve se reconnaît à ses attributs guerriers (casque, lance). Les deux déesses font pendant à Mercure, coiffé d'un casque ailé, et à Vénus accompagnée de Cupidon. Au centre, avec sa fourche de pâtre, Pâris est figuré en contrapposto, se détournant de Junon pour offrir à Vénus la pomme convoitée. Dans la mythologie greco-latine, le Jugement de Pâris est l'un des épisodes fondateurs de la guerre de Troie. Il se déroule en marge du mariage de Pélée et Thétis. A l'exception de la déesse de la Discorde Eris, tous les Immortels ont été conviés aux festivités données alors sur le mont Ida où avait grandi le jeune pâtre Pâris, loin des fastes de la cour de Priam, son père. Eris en prit son parti et lança au milieu du banquet une pomme d'or sur laquelle était écrite « A la plus belle ». Afin de départager qui de Junon, de Minerve ou de Vénus l'emportait en beauté sur les autres, Mercure conduisit les trois déesses au jeune pâtre qui devait donner la pomme à la plus belle. Chacune d'elle chercha à infléchir sa décision. Vénus l'emporta en lui promettant l'amour de la plus belle des mortelles, Hélène. Datation : Le thème du Jugement de Pâris, très prisé à la Renaissance, offre ici une composition assez originale où vient s'ajouter la figure de Mercure à celles attendues de Pâris, Junon, Minerve et Vénus ; on peut rapprocher cette scène du même sujet gravé par G. Bonasone, avant 1576, dans son cycle de l'Histoire de Junon. Cette gravure aura aussi inspiré un émail à Jean Reymond, peint en 1582 (Musée des Beaux-Arts de Reims). Le tour chorégraphique de la scène, où s'entremêlent les corps aux silhouettes serpentines, inscrit l'oeuvre dans le courant du maniérisme bellifontain de la fin du XVIe siècle. Orientation bibliographique : BARTSCH Adam von, Le peintre graveur, 1802-1821, 21 vol. ; GINCHEREAU Normande, De la Renaissance au Néoclassicisme. Survivance, essor et variations des thèmes mythologiques gréco-romains dans les oeuvres d'art. Sujet témoin : le Jugement de Pâris ou le tribunal de l'amour, thèse de doctorat dactyl., Univ. Laval (Québec), 2000 ; SHEEHAN Margaret, « The loves, rages and jealousies of Juno. A series of prints by Giulio Bona-sone », University of Melbourne Collections, issue 12, June 2013, p. 16-22.
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